Quand passion et profession se rencontrent à la lecture d’un article de presse.

L’article publié sur le site internet du Figaro[1] date d’il y a déjà quelques semaines mais le sujet est suffisamment sérieux pour que j’y revienne.

Le titre de l’article est pour le moins alléchant. L’idée d’avoir une liste de modèle dont il faudrait se dépêcher de faire l’acquisition « avant qu’il ne soit trop tard » semble être la promesse pour le passionné de donner un cadre raisonnable à quelque chose qui (par nature) ne l’est pas. C’est donc avec une petite forme d’euphorie que je commence à lire l’article. Puisqu’il est question d’investissement, le passionné est rejoint rapidement par l’ingénieur patrimonial.

Le passionné voit alors les premiers chiffres d’un tableau énumérant les 10 modèles dont la « cote » a le plus progressé entre 2019/2020 et aujourd’hui, avec un +176% spectaculaire enregistré pour un cabriolet français. « Un moyen de se protéger de l’inflation et c’est surtout plus drôle et rentable qu’un livret A » indique l’un des intervenants à l’article.

Mais l’ingénieur patrimonial semble sceptique. Pour commencer, l’étude porte sur des véhicules ayant été suffisamment vendus sur 1 site internet pour établir une « moyenne fiable ». C’est-à-dire ? 100 ? 10 ? 3 ? Ensuite, les valeurs affichées sont des « records » comparés à des prix moyen des années précédentes. C’est un peu comparer le prix de vente d’un appartement exceptionnel ayant appartenu à une célébrité à la moyenne du prix des appartements en France sur 2 ans. Pas vraiment révélateur.

Ce dernier fait aussi remarquer que le tableau qui est présenté retrace la prise de valeur de certains modèles au cours des « derniers mois ».  Et que les performances passées ne présagent pas des performances futures.

Enfin, il est indiscutable qu’un cabriolet c’est quand même « plus drôle qu’un livret A ». Mais le professionnel fait quand même remarquer qu’il n’a jamais vu un livret A prendre feu dans un garage ou même en panne au bord de l’autoroute (quel rabat-joie !).

Bref. Cet article que je vous invite tout de même à lire m’a fait passer un bon moment. Mais je pense qu’un peu plus de précision et de nuance auraient été les bienvenues. L’accroche a parfaitement fonctionné (le passionné a couru) mais la raison a rapidement pris le pas.

Cela reste un marché d’offre et de demande et chaque bien proposé est unique par essence. La progression des prix des véhicules anciens existe. Mais elle n’est pas linéaire, égale et encore moins infinie.

Finalement, le passionné que je suis se satisfait déjà largement des bons moments passés en bonne compagnie au volant de sa Mini. Et ceux-ci n’ont pas de prix.

[1] https://www.lefigaro.fr/automobile/ces-voitures-des-annees-90-dans-lesquelles-investir-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard-20220404

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